Des poissons et des femmes

Mieux valoriser les produits de la pêche à Kafountine


Au Sénégal, le traitement post-capture des produits de la pêche pose de nombreux problèmes, que ce soit en termes d’hygiène alimentaire, d’efficience ou de protection de l’environnement. Prenant exemple sur ce qui s’est fait dans le port de Mballing, un groupement féminin de Casamance, a sollicité le CEAS afin de diminuer leurs pertes, améliorer la qualité de leurs produits et augmenter leurs revenus. Equipées de séchoirs solaires et de fumoirs améliorés, elles devraient aussi réduire leur impact sur l’environnement.

Doté d’un littoral de 712 km réputé comme étant l’un des plus poissonneux au monde, le Sénégal voit la pêche occuper 600’000 personnes. Au total, ils sont près de deux millions de personnes à dépendre directement ou indirectement de ce secteur d’activité.

La ville de Kafountine en Casamance est particulièrement dynamique dans ce domaine. La transformation du poisson occupe plus de 3’000 personnes. Cependant, qu’elles utilisent la méthode du séchage ou du fumage traditionnel, les femmes pratiquant cette activité sont confrontées à d’énormes problèmes de salubrité, causant des pertes de marchandise importantes. Dénuées d’outils adéquats, elles consomment en outre énormément de bois pour le fumage.

Ayant entendu parler d’un projet mené par le CEAS sur la Petite-Côte, elles se sont approchées de notre ONG afin d’améliorer leurs conditions de travail, diminuer leurs pertes et réduire leur consommation de bois.

Résultats attendus

Aux côtés des 850 membres de l’Union des Femmes transformatrices de Kafountine, le CEAS veut jeter les bases de meilleures pratiques dans la transformation du poisson en Casamance. Des séchoirs solaires fabriqués localement ainsi que des fumoirs améliorés permettront de diminuer drastiquement les pertes et l’utilisation de bois. Les femmes seront formées aux règles d’hygiène agroalimentaire de base. La qualité et la quantité de leur production iront croissantes, améliorant les revenus familiaux de manière significative. Enfin, une utilisation modérée du bois nécessaire au fumage permettra de diminuer l’impact sur l’environnement. A long terme, si un nombre élevé de transformatrices adoptent ces pratiques, les quantités pêchées pourraient être diminuées.