Dynamiser le commerce des huiles essentielles grâce au soleil

Concevoir un distillateur solaire à huiles essentielles

Au mois de novembre dernier, Sylvain Pieraggi, jeune ingénieur diplômé, est parti au Burkina Faso dans le but de fabriquer un modèle pilote de distillateur solaire à huiles essentielles. A terme, ce projet pourrait créer des revenus importants pour des familles rurales africaines, tout en économisant les centaines de tonnes de bois utilisées traditionnellement dans l’extraction de ces précieuses huiles.

Comment créer la vapeur nécessaire à l’extraction d’huiles essentielles, sans émettre de CO2 ? C’est le défi qui a été lancé à Sylvain Pieraggi pour son travail de Bachelor à la Haute Ecole d'Ingénierie et de Gestion du Canton de Vaud (HEIG-VD). Cette recherche avait pour but de permettre le développement de filières d’extraction en Afrique, tout en économisant des quantités importantes de bois.
Diplôme en poche, M. Pieraggi a affiné ses résultats et proposé un système de cuve sous pression, chauffée par un capteur thermique semi-parabolique. En novembre dernier, il a intégré un atelier de Bobo-Dioulasso, au Burkina Faso, dans lequel il a débuté ses essais, grâce au concours d’artisans et de spécialistes en médecine traditionnelle.

Résultats attendus

Les deux tiers des 300'000 espèces végétales recensées sur notre planète poussent dans les pays tropicaux d’Afrique et d’ailleurs. Nombre d’entre elles sont utilisées en médecine et pharmacopée traditionnelles. Les huiles essentielles qui sont tirées de certaines de ces plantes bénéficient en outre d’une demande croissante sur les marchés internationaux.

L’extraction des huiles se fait dans un système d’alambique, nécessitant une importante source d’énergie. Or, cette énergie est principalement produite en brûlant des volumes importants de bois. L’utilisation du soleil pour alimenter un distillateur à huiles essentielles permettrait d’éviter l’utilisation d’environ une tonne de bois par alambique et par année. Les économies réalisées rendraient cette activité plus rentable et pourraient donner du travail à de nombreuses familles en milieu rural.

Dès le printemps 2016, ce projet pilote devrait ouvrir la voie à des débouchés économiques importants : une aubaine pour des centaines de personnes prêtes à se lancer dans ce commerce prometteur.